Paiement en ligne : état des lieux en Belgique
Quels moyens de paiement sont les plus appropriés pour un site de commerce électronique? Quels sont leurs avantages et inconvénients ?
De nombreux sites de commerce électronique nécessitent la mise en place de solutions de paiements électroniques, surtout en BtoC (vente vers le consommateur final), le vendeur souhaitant recevoir la confirmation du paiement avant de livrer le produit ou fournir le service demandé.
Au balbutiement du commerce électronique, de nombreux sites se contentaient de recueillir les numéros de cartes de crédit des clients via un simple formulaire en ligne, procédé particulièrement peu fiable pour le client, dont la carte de crédit pouvait être débitée par une personne malintentionnée qui avait repéré le numéro lors du transfert, mais aussi pour le commerçant: celui-ci n'avait pas de certitude que le détenteur effectif de la carte était bien celui qui passe commande. De plus, les données bancaires étant stockées sur son serveur raccordé à internet, le cybercommerçant risquait d'être victime d'un acte de piratage. D'où l'apparition d'une certaine méfiance autour des paiements sur Internet
Ces méthodes sont maintenant heureusement révolues, avec le développement d'autres moyens de paiement que la carte de crédit, la généralisation de systèmes de contrôle permettant d'éviter l'usurpation de cartes de crédit, et surtout avec l'apparition de sociétés spécialisées dans la gestion des transactions de paiement électronique assurant un rôle de tiers de confiance, les "Payment Service Providers".
Aussi, à l'heure où le développement du commerce électronique décolle en Belgique, il apparaît opportun de faire le point, sous la forme du présent article ou sous la forme de diapositives, sur les différentes solutions qui se présentent à l'heure actuelle en Belgique.
Si en BtoC, le paiement est le plus souvent exigé avant livraison, le client n'étant généralement pas connu du vendeur, le paiement en ligne n'est pas pour autant incontournable.
En effet, un moyen de réduire le pourcentage élevé d'abandons de commandes au stade du paiement consiste justement à proposer au consommateur des méthodes de paiement tant en ligne que traditionnelles. Cette approche est donc recommandable pour donner confiance au consommateur.
a) Paiements en ligne
Il existe différentes formules de paiement en ligne: carte de crédit, carte de crédit jetable, paiement à débit immédiat (cartes de débit et transferts électroniques), paiement par e-mail ou via des comptes de tiers, communications surfacturées, paiements mobiles
1. La carte de crédit
C'est le moyen de paiement en ligne numéro 1, grâce à sa simplicité et son universalité, mais que le cybercommerçant doit accepter avec prudence.
Avantages :
- simplicité: nécessité juste de recueillir un numéro de code, un nom et prénom, une date de validité, et un code de vérification, informations qui se trouvent sous une structure identique sur toutes les cartes du monde;
- universalité: possibilité de réceptionner des paiements quelque soit le pays d'origine de l'acheteur, sans se soucier des éventuelles opérations de change nécessaires;
- paiement différé au niveau du consommateur: élément favorisant bien évidemment les achats impulsifs. De plus, compte tenu de cette caractéristique, ce moyen de paiement peut être considéré comme compatible avec la réglementation belge sur le délai de réflexion dans le sens où le compte du client est débité avec un délai de quelques jours et que le client peut aisément dénoncer une opération auprès de l'acquéreur de la carte (les 2 principaux acquéreurs en Belgique sont Atos Worldline, actif sous l'appellation commerciale Bank Card Company, et Europabank) et se voir rembourser des montants qui auraient été perçus indûment par le vendeur. Côté commerçant, le délai de réception de l'argent varie selon les émetteurs. Il est souvent de l'ordre de 2 à 3 jours.
Inconvénients:
- public restreint aux personnes majeures, ayant généralement dû justifier de revenus réguliers pour recevoir une carte de crédit. Il y a néanmoins environ 3 millions de cartes en circulation en Belgique (dont plus de 90% émises par l'acquéreur Bank Card Company);
- usurpation (de moins en moins) aisée: la simplicité du dispositif engendre la possibilité pour toute personne ayant noté les numéros de la carte d'un tiers d'effectuer des opérations sur le compte de celui-ci. Ce risque n'est évidemment pas lié au commerce électronique, de telles opérations pouvant aussi être effectuées par fax ou téléphone;
- coûts des commissions sur les transactions perçus par l'acquéreur et par le PSP. Ils sont variables selon le contrat, dans un ordre de grandeur de 2 à 3%, plus souvent un montant fixe par mois, plus un coût fixe par transaction). De plus, il est nécessaire pour le commerçant de conclure avec son établissement bancaire un contrat l'autorisant à réceptionner des paiements à distance sans que le client ne doive taper le code confidentiel, "statut" qu'en pratique, une start-up n'obtiendra généralement pas rapidement;
- les transactions sont plafonnées à un certain montant total de dépenses par mois. Généralement, il s'agit de 1250 euros par défaut. Ainsi, ce mode de paiement est inapproprié pour la vente de produits d'un montant supérieur et ne devrait pas être le seul proposé aux clients si le panier moyen attendu dépasse les 500 euros.
Aussi, surtout si le site s'adresse à un public international, la carte de crédit reste un des principaux moyens de paiement à proposer sur un site Internet.
Informations complémentaires au niveau de la sécurité
2. Le code unique (crédit ou prépayé)
La carte de crédit jetable
Une formule alternative consiste à utiliser une carte de crédit "jetable". Ce moyen de paiement est très peu répandu en Belgique. Compte tenu du climat de méfiance autour du paiement par carte de crédit apparu au début du commerce électronique, plusieurs banques ont imaginé le concept de carte de crédit virtuelle de manière à rassurer le client: ainsi, au lieu de taper son propre numéro de carte de crédit, le consommateur encode en ligne un autre numéro qui est:
- soit éphémère (valable pour une seule transaction),
- soit permanent, mais dont le consommateur peut modifier à tout moment le montant maximum utilisable et parfois d'autres limites (par exemple valable dans un seul pays).
Certaines formules sont complètement compatibles avec le système classique de carte de crédit. Dans ce cas, le client a accès à tous les sites dans le monde permettant le paiement par carte de crédit. D'autres formules ne sont acceptées que sur certains sites d'e-commerce adaptés en fonction. Ce procédé limite dès lors souvent l'usage aux pays où la banque est présente et aux cybercommerçants avec lesquels elle a conclu un accord. De plus, le fonctionnement n'est généralement pas simple, avec nécessité parfois de changer de site.
Enfin, ce mode de paiement n'est pas approprié par rapport à la carte de crédit traditionnelle lorsque la réservation ou les achats nécessitent de présenter la carte qui a été utilisée (par exemple pour retirer des tickets).
Par conséquent, ce mode de paiement électronique, moins universel que la carte de crédit classique, reste marginal. Il peut être pertinent pour les sites de commerce électronique s'adressant à des profils d'acheteurs novices en commerce électronique et plutôt méfiants, ou lorsque l'acheteur potentiel souhaite conserver l'anonymat. En effet, avec ce procédé, généralement seule la banque émettrice dispose du nom du client.
Les codes uniques, prépayés
Dans certains pays, des cartes prépayées sont aussi proposées (par exemple Ticketsurf, issu du groupe France Telecom, présent dans une douzaine de pays, essentiellement francophones). Ces cartes peuvent être achetées en magasin (réseau de boutiques affiliées), ainsi qu'en ligne ou par virement bancaire. L'internaute doit gratter les chiffres au dos de la carte pour finaliser le paiement. En Belgique, ce mode de paiement est pour l'instant peu fréquent sur les sites de commerce électronique.
Les codes uniques payés via des communications surfacturées
Il s'agit d'une variante. Le principe est le suivant: le client doit émettre une communication surtaxée à partir de son téléphone (appel vers un numéro du type 0905) ou envoyer un SMS surtaxé (SMS Premium) à partir de son GSM pour obtenir un code d'activation qu'il doit retaper sur le formulaire en ligne du site d'e-commerce.
Le cybercommerçant doit souscrire un contrat auprès d'un call center qui assurera la réception des appels ou auprès d'une société spécialisée disposant d'un accord auprès des différents opérateurs de téléphonie mobile pour réceptionner/émettre des appels surtaxés.
Il est rémunéré par une rétrocession d'une partie du surcoût de l'appel facturé directement au client par l'opérateur de télécommunication, déduction faite de la commission des intermédiaires éventuels.
Avantages:
- garantie pour le cybercommerçant d'être payé (dans la mesure où le service proposé est régulier et ne fait pas l'objet de plaintes en masse de consommateurs). C'est en effet l'opérateur de télécommunication qui se charge de la facturation et des éventuels recouvrements;
- très bonne adaptation aux micro-paiements (dès 0,25 euros);
- facilité. Le système peut être déployé en quelques heures;
- très large public en mesure de payer de la sorte. Tous ceux qui disposent d'une ligne téléphonique et tous ceux qui disposent d'un GSM. Toutes les classes d'âge peuvent ainsi être atteintes;
- anonymat. Le client peut maintenir son anonymat vis-à-vis du vendeur.
Inconvénients:
- montant très faible rétrocédé au vendeur par rapport à la dépense de l'acheteur. C'est l'inconvénient majeur. Il dépend des contrats conclus. Ainsi pour un SMS surtaxé d'un euro, il est fréquent que le vendeur ne reçoive que 20 à 30 centimes;
- couverture nationale. Il est possible de proposer ce moyen de paiement auprès de clients de différents pays, soit en souscrivant des contrats avec des intermédiaires dans chaque pays, soit en contractant avec une société servant d'intermédiaire dans les différents pays.
- modularité du prix limité. Cela convient bien pour des produits d'un montant unitaire fixe (tel que le téléchargement d'extraits musicaux ou d'articles journalistiques), mais pas comme moyen de paiement sur un site électronique proposant un catalogue de produits très variés;
- non adapté dans les cas où la réglementation sur le non débit avant le terme du délai de renonciation s'applique;
- comportement incorrect de certains commerçants. C'est le cas si ceux-ci n'avertissant pas précisément le consommateur du coût de ces communications ou abusant de l'envoi de SMS surtaxés aux frais du client. Cette manière de procéder engendre actuellement un nombre important de plaintes, créant de la sorte une méfiance du consommateur.
Ce système se prête particulièrement pour la fourniture de produits dématérialisés délivrés en ligne, surtout si les transactions sont d'un faible montant (inférieur à 10 euros).
En tapant un code unique, il est possible d’accéder à des réseaux sociaux, de consulter des documents en archives, de télécharger des logiciels, de jouer,…
Des sociétés en ont fait leur core-business. Allopass (groupe Hi-Media) est un des plus importants intermédiaires proposant de tels codes. Cette société active dans 55 pays, écoule environ 7 millions de codes par mois, à environ 2,5 millions d’internautes différents. Ses codes uniques peuvent être acquis via SMS, mais aussi via carte de crédit, via un porte-monnaie électronique (tel que HiPay, appartenant au même groupe), ou par facturation mensuelle si le client est abonné auprès d'un fournisseur d’accès Internet associé.
Ce système se positionne pour les paiements de moins de 5 euros et uniquement pour la fourniture de biens dématérialisés. Il est particulièrement bien adapté pour les activités en ligne s’adressant à un public non ou peu bancarisé.
D’autres acteurs se positionnent également sur ce créneau, tels wexpay.com et Paysafecard.
3. Méthodes de paiement à débit immédiat: cartes de débit et transferts électroniques
Ce moyen de paiement national, en pleine émergence sur les sites Internet, est bien adapté au BtoC, mais aussi au BtoB.
A l'origine, plusieurs banques belges importantes ont développé leur propre système de paiement électronique. Ce système se basait parfois sur l'outil de Web-banking "maison" ou sur une plate-forme électronique spécifique. Il pouvait donc être utilisé par tout client de banque qui s'était abonné à ce service, moyennant parfois un contrat supplémentaire. Le client était redirigé vers cet outil en cliquant sur le bouton correspondant présent sur le site d'e-commerce. Il émettait ensuite une sorte de virement électronique sur le compte du vendeur, qui se distinguait des virements traditionnels par une quasi immédiateté du transfert.
Chaque banque ayant son propre système (CBC Online, Dexia NetBanking, ING Home'Pay, KBC Online), le cybercommerçant devait souscrire à un abonnement auprès de chacune d'entre elles et adapter son site de commerce électronique afin de pouvoir accueillir l'ensemble des clients de ces différentes banques. Dès lors, peu de cybercommerçants ont proposé ce mode de paiement, et donc peu de clients ont souhaité disposer de ce service auprès de leur banque. Ce mode de paiement est donc resté peu utilisé, jusqu'à ce que le secteur bancaire belge, inquiet de la prépondérance des paiements par cartes de crédit, tente de reprendre des parts de marché. Il s'est repositionné via, cette fois-ci, une solution commune aux principales banques belges actives en ligne, basée sur la carte de débit classique Bancontact-MisterCash déployée par Atos Worldline (ex-Banksys).
Cette société avait effectuée une première tentative en lançant au début des années 2000 le système "Banxafe" pour les cartes de débit. Celui-ci impliquait l'acquisition par le consommateur d'un mini-terminal de paiement "Banxafe" à connecter à l'ordinateur via une connexion USB, ainsi que l'installation d'un logiciel. Une fois la carte Bancontact introduite et le code PIN habituel introduits à 2 reprises sur le clavier du terminal (la première fois pour s'identifier, la seconde pour valider le montant), un message chiffré était envoyé à un serveur central qui transmettait au cybercommerçant une autorisation de paiement. Toutefois, compte tenu des coûts respectivement de terminal et d'abonnement, peu de clients se sont équipés et peu de vendeurs ont proposé cette formule. Dès lors, le système Banxafe n'a pas percé.
Nouveau service "Bouton Bancontact"
Une nouvelle approche a été lancée en 2006. Le client n'a dorénavant plus besoin d'équipement technique particulier. Lors de l'étape "paiement", son navigateur Internet est redirigé vers l'interface de Web-banking de sa banque, auquel il est généralement familiarisé. Il encode le numéro de la carte de débit, c'est-à-dire un nouveau numéro PAN (Primary Account Number), comportant 17 chiffres et commençant par 6703. Il est imprimé sur les nouvelles cartes. Il peut être communiqué par l'agence bancaire aux clients dont la carte n'a pas encore été renouvelée) et valide l'opération de la même manière qu'il effectue d'ordinaire ses transactions bancaires en ligne (selon les banques, via par exemple une calculette "digipass", etc.). Cette redirection permet de s'assurer que l'acheteur est bien le titulaire de la carte.
Comme pour le paiement par carte de crédit, le cybercommerçant devra payer des frais d'activation (actuellement 60 euros) et une commission par transaction (compris entre 1 et 1,5%, sur base du chiffre d'affaires mensuel en ligne) à Banksys, mais aussi des frais d'abonnement et de transaction auprès du prestataire qu'il aura choisi pour implémenter le programme de capture et de suivi des commandes sur son site Internet (actuellement Ogone ou NeoSolution), frais s'élevant à 15 euros/mois + 0,5 à 0,9 euros/transaction.
Avantages:
- sécurité des transactions: celles-ci s'effectuent avec le même niveau de sécurité que les opérations bancaires en ligne. Le risque de piratage est très faible;
- non répudiation possible: l'usage à l'interface de Web-banking est personnel, protégé par un mot de passe;
- la carte de débit est fort répandue: plus de 10 millions d'exemplaires en Belgique, les belges en ayant plusieurs. Ainsi le site d'e-commerce peut atteindre une population plus large: les adolescents, les retraités et les sans-emplois.
- pas d'apprentissage nouveau pour les personnes déjà habituées à effectuer des opérations bancaires en ligne. Celles-ci seront donc assez facilement disposées à utiliser ce mode de paiement;
- pas de plafond mensuel: la transaction sera acceptée du moment que le compte bancaire est suffisamment alimenté ou que l'ouverture de crédit à la consommation qui aurait été accordée à ce client est suffisante. Toutefois, des plafonds sont parfois fixés dans le contrat de Web-banking;
- bonne adaptation aux transactions BtoB (entre sociétés), l'usage de la banque en ligne se généralisant dans les entreprises.
Inconvénients:
- non universalité: il s'agit d'un système de portée nationale pour l'instant, mais qui devrait s'élargir dans le cadre du SEPA (Single Euro Payments Area, zone de paiement européenne unique) avec une évolution vers Maestro. De plus, tous les clients des banques n'ont pas souscrit à un abonnement de Web-banking, qui fait parfois l'objet d'un supplément;
- contestation difficile: contrairement au paiement par carte de crédit qui applique un remboursement direct en cas de contestation, avec charge pour le vendeur de montrer qu'il y a une fraude, le client devra introduire un dossier pour être remboursé s'il n'a pas reçu le produit et n'a pas été directement remboursé par le vendeur. Il semble toutefois que Banksys prévoit une procédure souple de même qu'un débit bancaire avec un léger différé compte tenu de la réglementation sur le délai de renonciation.
Ce mode de paiement est nouveau en Belgique. Il commence donc seulement à percer auprès des consommateurs et des vendeurs, atteignant à peine 15% des paiements électroniques en ligne (contre environ 65% pour les paiements par cartes de crédit et environ 15% pour les boutons de paiements et les comptes virtuels). Il est plus particulièrement recommandé lorsque le site s'adresse particulièrement aux jeunes, ou bien à d'autres sociétés, lorsque le panier moyen est d'au moins 10 euros.
4. Systèmes de paiement par e-mail ou via des comptes virtuels de tiers
Il s'agit de systèmes de paiement très faciles à mettre en place et de portée internationale, mais surtout adaptés aux transactions CtoC. Le marché du paiement électronique présente de grandes opportunités d'affaires au niveau mondial de sorte que plusieurs sociétés multinationales se sont positionnées dans ce créneau.
Il en est ainsi de la société eBAY qui a racheté la société "PayPal", concepteur d'un système de paiement sous cette dénomination.
Ce système s'inspire du principe des cartes virtuelles: il couple un moyen de paiement classique, comme une carte de crédit, à un numéro virtuel auquel est associé un mot de passe. Une fois inscrit (en communiquant par exemple un numéro de carte de crédit), le client peut effectuer des transferts d'argent auprès de toute autre personne disposant aussi d'un compte "PayPal", en communiquant le numéro virtuel (personnalisable sous la forme par exemple d'une adresse e-mail) et le mot de passe. Il est possible de payer, mais aussi de recevoir de l'argent.
Il présente les mêmes avantages et les mêmes inconvénients que le moyen de paiement auquel il est généralement couplé, la carte de crédit. On notera surtout que PayPal est un moyen de paiement international, simple (il est facile de s'inscrire et de l'utiliser, avec juste un login et un mot de passe), accepté début 2008 par 200000 marchands et auquel plus de 140 millions de personnes ont souscrit. De plus, il n'y a pas de frais d'installation, d'abonnement mensuel, de frais d'installation de passerelles techniques etc. Si le système est techniquement fiable, il n'est pas par contre particulièrement plus sûr que la carte de crédit, surtout lors de transfert CtoC (entre consommateurs).
En effet, l'ouverture d'un compte virtuel n'est pas aussi contrôlé que l'attribution d'une carte de crédit, notamment au niveau de l'identité du détenteur dans certaines régions du monde. De sorte que ce mode de paiement doit être utilisé avec prudence lorsqu'il s'agit de verser de l'argent à un individu que l'on ne connaît pas ou à une société qui n'a pas pignon sur rue. Pour compenser cette faiblesse importante au niveau de l'authentification des deux parties, PayPal inclut dans les frais de commission perçus (3,4% en Belgique actuellement, plus 0,25 euro et une éventuelle marge de change de 2,5%) une assurance qui couvre les transactions jusqu'à un certain montant (actuellement 500 euros).
Les sociétés spécialisées OGONE et Neos Solution peuvent intégrer PayPal sur un site d'e-commerce. En Europe, PayPal est utilisé dans plus de 30% des cas pour des transferts financiers sans lien avec eBay.
D'autres sociétés se sont aussi positionnées dans ce créneau. Ainsi Google propose "Google Checkout", avec des commissions de l'ordre de 2%. Amazon offre également sa solution. Son propre moyen de paiement peut dorénavant être utilisé par d'autres cybercommerçants. Toute personne disposant déjà d'un compte Amazon peut utiliser "Amazon Flexible Payments Service" (FPS).
Le groupe Hi-Media commercialise également une solution comparable, s'appuyant sur son portefeuille électronique Hipay, qui a la particularité de proposer des comptes secondaires liés au compte principal, auxquels peuvent être associés des limites différentes et des filtres en fonction des catégories de sites (par exemple un compte pour chaque enfant).
Les micro-paiements (à partir même de 0,01 euros) sont généralement bien assurés par ces systèmes.
Un mot enfin sur le système "Western Union". Il s'agit d'un système de transferts de fonds, d'une personne à une autre, basé sur un nombre très important d'agences à travers le monde. Il est bien adapté par exemple pour verser de l'argent à des proches résidant à l'étranger, surtout dans des pays où l'accès aux services bancaires n'est pas généralisé. Par contre, il ne convient pas pour le commerce électronique et encore moins pour le paiement en "CtoC", auprès de personnes qui ne sont pas connues du donneur. Un vendeur qui ne permet qu'un paiement via ce système doit inspirer une grande méfiance.
Ainsi, en Belgique, une très large majorité des plaintes pour escroqueries et arnaques via Internet proviennent de personnes qui ont versé de l'argent via Western Union à des inconnus.
5. Systèmes de paiement à crédit
Ce système, proposé par des sociétés spécialisées en crédit, est une variante du précédent. Un login (généralement une adresse e-mail) et un mot de passe sont transmis au client après acceptation d'un dossier de crédit à la consommation. En tapant ce login et ce mot de passe sur les sites de cybercommerçants affiliés à ces sociétés spécialisées, le consommateur peut valider les achats effectués. Ceux-ci seront débités sur le compte bancaire en fonction des modalités convenues lors de l'ouverture de ligne de crédit.
En Belgique, un tel système est actuellement commercialisé par 1euro.com, filiale du groupe Cofidis.
6. Paiement par transfert financier via GSM
Ce sont des solutions nouvelles que le consommateur doit encore s'approprier au quotidien. Deux solutions existent actuellement sur le marché belge.
m-Banxafe
m-Banxafe permet à toute personne de faire associer la carte SIM de son téléphone mobile à son compte bancaire. De la sorte, elle peut effectuer un paiement en validant, avec un mot de passe, un SMS qu'elle reçoit sur son téléphone de la part du commerçant. Celui-ci reçoit en retour de la plate-forme un SMS de confirmation. Parallèlement, un virement sera automatiquement établi entre le compte bancaire du client et celui du vendeur.
Pour bénéficier de ce système, le cybercommerçant doit s'inscrire auprès de Banksys et ajouter dans son site Internet l'application permettant de générer un SMS de demande de virement, et intégrer dans sa plate de forme de traitement des commande les messages de confirmation afin de pouvoir délivrer directement le produit/service après validation par le client. Le consommateur doit de son côté une fois pour toute demander à sa banque de lier un numéro de compte à une carte SIM (l'opération peut aussi se faire dans certains automates avec sa carte de débit), ce qui implique, pour les cartes les plus anciennes non compatibles, un échange auprès de son revendeur GSM. Le coût est fixe par transaction et réparti entre vendeur (0,49 euros htva) et acheteur (0,25 euros tvac), facturé directement par l'opérateur GSM.
Avantages:
- s'adresser à une clientèle très large étant donné le taux très important d'équipement en GSM,
- être moins coûteuse que le paiement par communications surtaxées,
- présenter un niveau de risque faible.
Inconvénients:
- l'anonymat n'est pas garanti,
- la solution est nationale,
- les transactions doivent s'élever au minimum à 6 euros,
- l'intégration technique n'est pour l'instant pas prévue pour assurer une simultanéité du processus commande et le paiement dans un site d'e-commerce.
Ping-Ping
Le système "PingPing" (ex "TUNZ") associe à tout numéro de GSM un portefeuille électronique et permet, via un échange de SMS courts avec la plate-forme centrale, de transférer virtuellement de l'argent d'un portefeuille à un autre (maximum 25 euros par transaction).
Cette solution a été reprise en 2009 par Belgacom, qui prévoit de lui donner un nouveau souffle, en la positionnant sur le segment de la fourniture de biens de faible valeur (moins de 25%), mais surtout dans la fourniture de biens dématérialisés tels que des contenus en ligne (articles de presse, etc.) et dans la dématérialisation des tickets et coupons de réduction.
Cette solution présente les mêmes avantages que la précédente. De plus, elle est:
- légèrement moins coûteuse par transaction dans les situations les plus courantes (surtout pour les opérations de faibles montants),
- plus "anonyme" entre les 2 parties en raison de l'absence de lien obligatoire avec un compte bancaire.
Elle se distingue aussi, par rapport à m-Banxafe, par la possibilité aisée d'intégrer techniquement ce mode de paiement sur son site Internet, qui peut être assurée par un PSP.Ainsi, il est aisé d'ajouter ce mode de paiement parmi ceux proposés sur son site Internet. Par contre, il faut tenir compte de l'inconvénient pour le consommateur de devoir approvisionner préalablement son portefeuille électronique (via un virement, une carte de crédit, un couplage avec la facture de l’opérateur pour les clients de Proximus, etc.). Le coût, facturé directement par l'opérateur GSM, est aussi réparti entre vendeur (entre 0,2 et 0,4 euro htva) et l'acheteur (0,15 euro tvac).
b) Systèmes de paiements en différé
A côté des "véritables" moyens de paiement électronique en ligne, il est recommandé de proposer sur un site d'e-commerce au moins une formule de paiement "off-line"
1. Paiement contre livraison
Solution coûteuse, mais rassurante, tant pour le client que pour le vendeur. Cette formule très classique permet au client de régler le montant de l'achat lors de la livraison ou lors du retrait dans un point de livraison (exemple: les points de vente affiliés au réseau KIALA).
Avantages:
- Rassurant pour les 2 parties: le vendeur ne prend pas le risque de livrer de la marchandise sans être sûr d'être payé. L'acheteur ne prend pas le risque de payer de la marchandise qu'il n'est pas certain de recevoir;
- Pas de contestation possible concernant la livraison;
- Simplicité technique: Pas d'installation technique particulière à prévoir sur son site Internet;
- Service pouvant être international (en fonction de la société de livraison sélectionnée)
Inconvénients:
- Nécessité que l'acheteur d'être présent lors de la livraison. L'acheteur doit disposer à ce moment de liquidités pour régler le livreur. Certaines sociétés permettent toutefois le paiement par carte de crédit et offrent la possibilité de retirer l'article auprès de points d'enlèvement (station essence, librairies, supermarché, etc.) où le paiement s'effectuera classiquement à la caisse;
- Commission importante perçue par la société de livraison pour ce service, surtout au niveau international;
- Risque d'une plus grande proportion de commandes bidons ou refusées lors de la livraison, ce qui peut entraîner pour le cybercommerçant des frais de livraison et de retour de marchandises non couverts;
- Ne convient en principe pas dans les cas où la réglementation sur le non débit avant le terme du délai de renonciation s'applique. Il faut au minimum qu'il soit prévu dans les conditions générales que le client sera immédiatement remboursé par le livreur en cas de retour de la marchandise avant l'expiration du délai;
- Ne convient absolument pas pour la fourniture de produits dématérialisés (fichiers musicaux, etc.)
Ce mode de paiement est particulièrement adapté pour la vente de produits, d'une certaine valeur (entre 20 et 1 000 euros), qui doivent être livrés aux clients. Aussi, dans ce cas, il est recommandé de le proposer, en plus des modes de paiement en ligne.
2. Paiement par virement bancaire
Cette solution est la moins chère, mais elle est évidemment risquée pour le vendeur. Le client effectue un virement bancaire ordinaire sur le compte bancaire du vendeur. Il existe deux possibilités.
Soit le vendeur exige que le montant lui parvienne pour que la livraison soit effectuée.
Avantages:
- Gratuité du transfert (ou très faible coût au niveau européen) tant pour l'acheteur que pour le vendeur;
- Fiabilité par rapport à d'autres moyens de paiemenst traditionnels, tels que le chèque.
- Non immédiateté. Plusieurs jours peuvent s'écouler, voire des semaines lors de virements internationaux, avant que l'argent ne parvienne sur le compte du vendeur;
- L'acheteur doit faire confiance au vendeur quant à la livraison. De plus, celle-ci sera retardée, le vendeur attendant d'être payé avant de fournir le produit ou service demandé;
- Coût important pour les transactions de/vers des pays hors Union Européenne.
Soit le vendeur demande au client de payer après réception, au terme du délai de réflexion (voir ci-dessous "factures").
3. Factures
La facture est la solution incontournable en Business to Business. Celle-ci est traditionnellement établie sous format papier, mais peut maintenant légalement se présenter sous format électronique, évolution qui facilite le traitement administratif tant pour le commerçant que pour l'acheteur. Certes, ce mode de paiement n'est pas le plus recommandé pour un site orienté vers une clientèle nouvelle, compte tenu du risque par le cybercommerçant de non paiement.
Il faut toutefois relever que des grands noms de la vente classique par correspondance proposent depuis des années à leur clientèle de payer par virement après réception du colis, et maintiennent cette option sur leur site Internet. En tout cas, lorsqu'une entreprise lance un site d'e-commerce, elle doit inciter sa clientè fidèle qui reçoit pour l'instant des factures à ne plus envoyer leurs commandes par fax mais à les encoder en ligne. En effet, celle-ci migrera facilement vers l'e-commerce si elle est rassurée quant à la possibilité de continuer à payer de la même manière, c'est-à-dire après réception d'une facture.
Ce mode de paiement peut aussi être proposé lorsque la réglementation sur le délai de renonciation s'applique, avec bien entendu pour le vendeur, comme inconvénient majeur par rapport à la formule "livraison contre payement"), de ne pas être certain d'être payé pour la marchandise livrée.
Rédacteur : Damien JACOB (www.retis.be - Octobre 2007 - mise à jour en avril 2010)
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