Paiement en ligne
Paiements électroniques en ligne: état de la situation en Belgique
Quels moyens de paiement sont les plus appropriés pour un site de commerce électronique? Voici un dossier complet relatif aux différentes solutions existantes, leurs avantages et inconvénients
De nombreux sites de commerce électronique nécessitent la mise en place de solutions de paiements électroniques, surtout en BtoC (vente vers le consommateur final), le vendeur souhaitant recevoir la confirmation du paiement avant de livrer le produit ou fournir le service demandé.
Au balbutiement du commerce électronique, de nombreux sites se contentaient de recueillir les numéros de cartes de crédit des clients via un simple formulaire en ligne, procédé particulièrement peu fiable pour le client, dont la carte de crédit pouvait être débitée par une personne malintentionnée qui avait repéré le numéro lors du transfert, mais aussi pour le commerçant: celui-ci n'avait pas de certitude que le détenteur effectif de la carte était bien celui qui passe commande. De plus, les données bancaires étant stockées sur son serveur raccordé à internet, le cybercommerçant risquait d'être victime d'un acte de piratage. D'où l'apparition d'une certaine méfiance autour des paiements sur Internet
Ces méthodes sont maintenant heureusement révolues, avec le développement d'autres moyens de paiement que la carte de crédit, la généralisation de systèmes de contrôle permettant d'éviter l'usurpation de cartes de crédit, et surtout avec l'apparition de sociétés spécialisées dans la gestion des transactions de paiement électronique assurant un rôle de tiers de confiance, les "Payment Service Providers" (PSP).
Aussi, à l'heure où le développement du commerce électronique décolle en Belgique (les dernières enquêtes de l'AWT relèvent que 22% des wallons ont acheté au moins un fois en ligne l'année passée, soit 1/3 des internautes, de même que 39% des PME wallonnes), il apparaît opportun de faire le point sur les différentes solutions qui se présentent à l'heure actuelle en Belgique.
Les différentes solutions de paiements électroniques
Si en BtoC, le paiement est le plus souvent exigé avant livraison, le client n'étant généralement pas connu du vendeur, le paiement en ligne n'est pas pour autant incontournable
En effet, un moyen de réduire le pourcentage élevé d'abandons de commandes au stade du paiement consiste justement à proposer au consommateur des méthodes de paiement tant en ligne que traditionnelles. Cette approche est donc recommandable pour donner confiance au consommateur.
La réglementation actuelle en Belgique interdit que le paiement soit exigé du consommateur avant que le délai de renonciation de l'achat soit échu (7 jours ouvrables après réception du produit). Ce délai de renonciation n'est toutefois pas applicable dans de nombreuses situations. Les plus courantes sont la vente de produits rapidement périssables et de services d'hébergement ou de transport, la fourniture de produits ou services fournis à façon (confectionnés selon les spécifications du client ou personnalisés), et lorsque le client, avant l'expiration du délai, demande l'exécution du service ou utilise le produit ou service (par exemple si l'emballage d'un CD a été descellé ou une musique téléchargée en ligne). Il ne s'applique pas non plus en BtoB (achat à des fins professionnelles).
Lorsque cette réglementation s'applique, le cybercommerçant n'est pas obligé de ne proposer que des moyens de paiements off line, mais doit proposer au moins un moyen de paiement n'effectuant le transfert financier qu'après l'expiration du délai de renonciation, de manière à laisser le choix au client. Il ne peut suspendre la livraison tant qu'il n'a pas été payé. Si le client a opté pour un paiement immédiat, mais renonce à son achat dans le délai, le vendeur doit le rembourser dans un délai de 30 jours. A noter que le client n'est pas obligé de justifier son acte de renonciation.
Paiements en ligne
Il existe différentes formules de paiement en ligne: carte de crédit, carte de crédit jetable, paiement à débit immédiat (cartes de débit et transferts électroniques), paiement par e-mail ou via des comptes de tiers, communications surfacturées, paiements mobiles
La carte de crédit
Le moyen de paiement en ligne n°1, grâce à sa simplicité et son universalité, mais que le cybercommerçant doit accepter avec prudence
Dominant sur Internet, ce moyen de paiement présente des avantages très importants:
- Simplicité: nécessité juste de recueillir un numéro de code, un nom et prénom, une date de validité, et un code de vérification, informations qui se trouvent sous une structure identique sur toutes les cartes du monde;
- Universalité: possibilité de réceptionner des paiements quelque soit le pays d'origine de l'acheteur, sans se soucier des éventuelles opérations de change nécessaires;
- Paiement différé au niveau du consommateur: élément favorisant bien évidemment les achats impulsifs. De plus, compte tenu de cette caractéristique, ce moyen de paiement peut être considéré comme compatible avec la réglementation belge sur le délai de réflexion dans le sens où le compte du client est débité avec un délai de quelques jours et que le client peut aisément dénoncer une opération auprès de l' "acquéreur" [lexique] de la carte (les 2 principaux acquéreurs en Belgique sont Bank Card Company et Europabank) et se voir rembourser des montants qui auraient été perçus indûment par le vendeur. Côté commerçant, le délai de réception de l'argent varie selon les émetteurs. Il est souvent de l'ordre de 2-3 jours.
Il présente par contre comme inconvénients:
- Public restreint aux personnes majeures, ayant généralement dû justifier de revenus réguliers pour recevoir une carte de crédit. Il y a néanmoins 2,9 millions de cartes en circulation en Belgique (dont 2,7 émises par l' "acquéreur" Bank Card Company);
- Usurpation (de moins en moins) aisée: la simplicité du dispositif engendre la possibilité pour toute personne ayant noté les numéros de la carte d'un tiers d'effectuer des opérations sur le compte de celui-ci. Ce risque n'est évidemment pas lié au commerce électronique, de telles opérations pouvant aussi être effectuées par fax ou téléphone;
- Coûts des commissions sur les transactions perçus par l'acquéreur et par le PSP (variable selon le contrat. Ordre de grandeur: 2-3% + souvent un montant fixe par mois + un coût fixe par transaction);
- Les transactions sont plafonnées à un certain montant total de dépenses par mois (généralement 1 250 euros par défaut), de sorte que ce mode de paiement est inapproprié pour la vente de produits d'un montant supérieur et ne devrait pas être le seul proposé aux clients si le panier moyen attendu dépasse les 500 euros.
Aussi, surtout si le site s'adresse à un public international, la carte de crédit reste un des principaux moyens de paiement à proposer sur un site Internet.
La carte de crédit jetable
Ce moyen de paiement est très peu répandu en Belgique. Compte tenu du climat de méfiance autour du paiement par carte de crédit apparu au début du commerce électronique, plusieurs banques ont imaginé le concept de carte de crédit virtuelle de manière à rassurer le client: ainsi, au lieu de taper son propre numéro de carte de crédit, le consommateur encode en ligne un autre numéro qui est, soit éphémère (valable pour une seule transaction), soit permanent mais dont le consommateur peut modifier à tout moment le montant maximum utilisable et parfois d'autres limites (ex: valable que dans un pays). Ce compte virtuel est lié à une carte de crédit classique ou bien à un compte bancaire, mais le couplage n'est connu que de la banque et du client.
Certaines formules sont complètement compatibles avec le système classique de carte de crédit. Dans ce cas, le client a accès à tous les sites dans le monde permettant le paiement par carte de crédit. D'autres formules ne sont acceptées que sur certains sites d'e-commerce adaptés en fonction. Ce procédé limite dès lors souvent l'usage aux pays où la banque est présente et aux cybercommerçants avec lesquels elle a conclu un accord. De plus, le fonctionnement n'est généralement pas simple, avec nécessité parfois de changer de site.
Enfin, ce mode de paiement n'est pas approprié par rapport à la carte de crédit traditionnelle lorsque la réservation ou les achats nécessitent de présenter la carte qui a été utilisée (par exemple pour retirer des tickets).
Par conséquent, ce mode de paiement électronique, moins universel que la carte de crédit classique, reste marginal. Il peut être pertinent pour les sites de commerce électronique s'adressant à des profils d'acheteurs novices en commerce électronique et plutôt méfiants, ou lorsque l'acheteur potentiel souhaite conserver l'anonymat. En effet, avec ce procédé, généralement seule la banque émettrice dispose du nom du client.
Dans certains pays, des cartes prépayées sont aussi proposées (ex: Ticketsurf, issu du groupe France Telecom, dont les cartes sont diffusées en Belgique pour l'instant par le groupe "Belgique Loisirs"). L'internaute doit gratter les chiffres au dos de la carte pour finaliser le paiement. En Belgique, ce mode de paiement est pour l'instant peu fréquent sur les sites de commerce électronique.
Méthodes de paiement à débit immédiat: cartes de débit et transferts électroniques
Moyen de paiement national, en pleine émergence sur les sites Internet, il est bien adapté au BtoC, mais aussi au BtoB.
Peu de succès du terminal "Banxafe".
A l'origine, plusieurs banques belges importantes ont développé leur propre système de paiement électronique. Ce système se basait parfois sur l'outil de web-banking "maison" ou sur une plate-forme électronique spécifique. Il pouvait donc être utilisé par tout client de banque qui s'était abonné à ce service, moyennant parfois un contrat supplémentaire. Le client était redirigé vers cet outil en cliquant sur le bouton correspondant présent sur le site d'e-commerce. Il émettait ensuite une sorte de virement électronique sur le compte du vendeur, qui se distinguait des virements traditionnels par une quasi immédiateté du transfert.
Chaque banque ayant son propre système (CBC Online, Dexia NetBanking, ING Home'Pay, KBC Online ), le cybercommerçant devait souscrire à un abonnement auprès de chacune d'entre elles et adapter son site de commerce électronique afin de pouvoir accueillir l'ensemble des clients de ces différentes banques. Dès lors, peu de cybercommerçants ont proposé ce mode de paiement, et donc peu de clients ont souhaité disposer de ce service auprès de leur banque. Ce mode de paiement est donc resté peu utilisé, jusqu'à ce que le secteur bancaire belge, inquiet de la prépondérance des paiements par cartes de crédit, tente de reprendre des parts de marché. Il s'est repositionné via, cette fois-ci, une solution commune aux principales banques belges actives en ligne, basée sur la carte de débit classique "Bancontact-MisterCash" déployée par Banksys.
Cette société avait effectuée une première tentative en lançant au début des années 2000 le système "Banxafe" pour les cartes de débit. Celui-ci impliquait l'acquisition par le consommateur d'un mini-terminal de paiement "Banxafe" à connecter à l'ordinateur via une connexion USB, ainsi que l'installation d'un logiciel. Une fois la carte "bancontact" introduite et le code PIN habituel introduits à 2 reprises sur le clavier du terminal (la 1e fois pour s'identifier, la 2e fois pour valider le montant), un message chiffré était envoyé à un serveur central qui transmettait au cybercommerçant une autorisation de paiement. Toutefois, compte tenu des coûts respectivement de terminal et d'abonnement, peu de clients se sont équipés et peu de vendeurs ont proposé cette formule. Dès lors, le système "Banxafe" n'a pas percé.
Nouveau service "Bouton Bancontact"
Une nouvelle approche a été lancée en 2006. Le client n'a dorénavant plus besoin d'équipement technique particulier. Lors de l'étape "paiement", son navigateur Internet est redirigé vers l'interface de web-banking de sa banque, auquel il est généralement familiarisé. Il encode le numéro de la carte de débit (un nouveau numéro "PAN" - Primary Account Number- a été établi, comportant 17 chiffres et commençant par 6703. Il est imprimé sur les nouvelles cartes. Il peut être communiqué par l'agence bancaire aux clients dont la carte n'a pas encore été renouvelée) et valide l'opération de la même manière qu'il effectue d'ordinaire ses transactions bancaires en ligne (selon les banques, via par exemple une calculette "digipass", etc.). Cette redirection permet de s'assurer que l'acheteur est bien le titulaire de la carte.
Comme pour le paiement par carte de crédit, le cybercommerçant devra payer des frais d'activation (actuellement 60euros) et une commission par transaction (compris entre 1 et 1.5%, sur base du chiffre d'affaires mensuel en ligne) à Banksys, mais aussi des frais d'abonnement et de transaction auprès du prestataire qu'il aura choisi pour implémenter le programme de capture et de suivi des commandes sur son site Internet (actuellement OGONE ou NEOSOLUTION), frais s'élevant à 15 euros/mois + 0.5 à 0.9 euros/transaction.
Avantages:
- Sécurité des transactions: celles-ci s'effectuent avec le même niveau de sécurité que les opérations bancaires en ligne. Le risque de piratage est très faible;
- Non répudiation possible: l'usage à l'interface de web-banking est personnel, protégé par un mot de passe;
- La carte de débit est fort répandue: plus de 10 millions d'exemplaires en Belgique, les belges en ayant plusieurs. Ainsi le site d'e-commerce peut atteindre une population plus large: les adolescents, les retraités et les sans-emplois.
- Pas d'apprentissage nouveau pour les personnes déjà habituées à effectuer des opérations bancaires en ligne. Celles-ci seront donc assez facilement disposées à utiliser ce mode de paiement;
- Pas de plafond mensuel: la transaction sera acceptée du moment que le compte bancaire est suffisamment alimenté ou que l'ouverture de crédit à la consommation qui aurait été accordée à ce client est suffisante. Toutefois, des plafonds sont parfois fixés dans le contrat de web-banking;
- Bien adapté aux transactions "BtoB" (entre sociétés), l'usage de la banque en ligne se généralisant dans les entreprises.
Inconvénients:
- Non universalité. Il s'agit d'un système de portée nationale pour l'instant, mais qui devrait s'élargir dans le cadre du SEPA ("Single Euro Payments Area" - zone de paiement européenne unique) avec une évolution vers Maestro. De plus, tous les clients des banques n'ont pas souscrit à un abonnement de web-banking, qui fait parfois l'objet d'un supplément;
- Non répudiation possible: le client ne peut prétendre qu'une personne a effectué l'achat à son insu. Cela peut poser problème s'il n'est pas livré par le vendeur. Contrairement au paiement par carte de crédit qui applique un remboursement direct en cas de contestation, avec charge pour le vendeur de montrer qu'il y a une fraude, le client devra introduire un dossier pour être remboursé si le vendeur ne rembourse pas directement. Il semble toutefois que Banksys prévoit une procédure souple de même qu'un débit bancaire avec un léger différé compte tenu de la réglementation sur le délai de renonciation.
Ce mode de paiement est nouveau en Belgique. Il commence donc seulement à percer auprès des consommateurs et des vendeurs, atteignant en septembre 2007 600 cybercommerçants et 7% des paiements électroniques en ligne (liste des sites sur http://www.banksys.be/bkscomwt/FR/Payer_par_carte/Payer/Sur_Internet/merchants.jsp). Il est plus particulièrement recommandé lorsque le site s'adresse particulièrement aux jeunes, ou bien à d'autres sociétés, lorsque le panier moyen est d'au moins 10 euros.
Systèmes de paiement par e-mail / via des comptes de tiers
Des systèmes de paiement très faciles à mettre en place et de portée internationale, mais surtout adaptés aux transactions CtoC.
Le marché du paiement électronique présente de grandes opportunités d'affaires au niveau mondial de sorte que plusieurs sociétés multinationales se sont positionnées dans ce créneau.
Il en est ainsi de la société eBAY qui a racheté la société "PayPal", concepteur d'un système de paiement sous cette dénomination.
Ce système s'inspire du principe des cartes virtuelles: il couple un moyen de paiement classique, tel qu'une carte de crédit, à un numéro virtuel auquel est associé un mot de passe. Une fois inscrit (en communiquant par exemple un numéro de carte de crédit), le client peut effectuer des transferts d'argent auprès de toute autre personne disposant aussi d'un compte "paypal", en communiquant le numéro virtuel (personnalisable sous la forme par exemple d'une adresse e-mail) et le mot de passe. Il est possible de payer, mais aussi de recevoir de l'argent.
Il présente les mêmes avantages et les mêmes inconvénients que le moyen de paiement auquel il est généralement couplé, la carte de crédit. Notons surtout que Paypal est un moyen de paiement international, simple (il est facile de s'inscrire et de l'utiliser, avec juste un login et un mot de passe) et auquel plus de 150 millions de personnes ont souscrit. De plus, il n'y a pas de frais d'installation, d'abonnement mensuel, de frais d'installation de passerelles techniques etc. Si le système est techniquement fiable, il n'est pas par contre particulièrement plus sûr que la carte de crédit, surtout lors de transfert CtoC (entre consommateurs).
En effet, l'ouverture d'un compte virtuel n'est pas aussi contrôlé que l'attribution d'une carte de crédit, notamment au niveau de l'identité du détenteur dans certaines régions du monde. De sorte que ce mode de paiement doit être utilisé avec prudence lorsqu'il s'agit de verser de l'argent à un individu que l'on ne connaît pas ou à une société qui n'a pas pignon sur rue. Pour compenser cette faiblesse importante au niveau de l'authentification des 2 parties, Paypal inclut dans les frais de commission perçus (en Belgique, actuellement 3.4% + 0.25euros + éventuel marge de change de 2.5%), une assurance qui couvre les transactions jusqu'à un certain montant (actuellement 500 euros).
Les sociétés spécialisées OGONE et NEOS peuvent intégrer PAYPAL sur un site d'e-commerce. En Europe, PayPal est utilisé dans plus de 30% des cas pour des transferts financiers sans lien avec eBay.
D'autres sociétés se sont aussi positionnées. Ainsi Google propose "Google Checkout", avec des commissions de l'ordre de 2%. Dernier grand acteur en date, Amazon vient d'annoncer la généralisation de son propre moyen de paiement qui pourra dorénavant être utilisé par d'autres cybercommerçants. Toute personne disposant déjà d'un compte Amazon pourra utiliser ce "Amazon Flexible Payments Service" (FPS).
A noter que les micro-paiements (à partir même de 0.01 euros) sont généralement bien assurés par ces systèmes.
Un mot enfin sur le système "Western Union". Il s'agit d'un système de transferts de fonds, d'une personne à une autre, basé sur un nombre très important d'agences à travers le monde. Il est bien adapté par exemple pour verser de l'argent à des proches résidant à l'étranger, surtout dans des pays où l'accès aux services bancaires n'est pas généralisé. Par contre, il ne convient pas pour le commerce électronique et encore moins pour le paiement en "CtoC", auprès de personnes qui ne sont pas connues du donneur. Un vendeur qui ne permet qu'un paiement via ce système doit inspirer une grande méfiance.
Ainsi, en Belgique, une très large majorité des plaintes pour escroqueries et arnaques via Internet proviennent de personnes qui ont versé de l'argent via Western Union à des inconnus.
Systèmes via communications surfacturées
Des systèmes nationaux très bien adaptés aux micro-paiements, mais coûteux pour le vendeur en commissions.
Principe: Le client doit émettre une communication surtaxée à partir de son téléphone (appel vers un numéro du type 0905) ou envoyer un SMS surtaxé (SMS Premium) à partir de son GSM pour obtenir un code d'activation qu'il doit retaper sur le formulaire en ligne du site d'e-commerce.
Le cybercommerçant doit souscrire un contrat auprès d'un call center qui assurera la réception des appels ou auprès d'une société spécialisée disposant d'un accord auprès des différents opérateurs de téléphonie mobile pour réceptionner / émettre des appels surtaxés.
Il est rémunéré par une rétrocession d'une partie du surcoût de l'appel facturé directement au client par l'opérateur de télécommunication, déduction faite de la commission des intermédiaires éventuels.
Avantages:
- Garantie pour le cybercommerçant d'être payé (dans la mesure où le service proposé est régulier et ne fait pas l'objet de plaintes en masse de consommateurs). C'est en effet l'opérateur de télécommunication qui se charge de la facturation et des éventuels recouvrements;
- Très bien adapté aux micro-paiements (dès 0.25 euros);
- Facilité. Le système peut être déployé en quelques heures;
- Très large public en mesure de payer de la sorte: tous ceux qui disposent d'une ligne téléphonique et tous ceux qui disposent d'un GSM. Toutes les classes d'âge peuvent ainsi être atteintes;
- Il est possible pour le client de maintenir l'anonymat vis-à-vis du vendeur.
Inconvénients:
- Le plus important: le montant rétrocédé au vendeur est très faible proportionnellement au coût pour l'acheteur. Il dépend des contrats conclus. Ainsi pour un SMS surtaxé d'un euro, il est fréquent que le vendeur ne reçoive que 20 à 30 centimes;
- Couverture nationale. Il est possible de proposer ce moyen de paiement auprès de clients de différents pays, soit en souscrivant des contrats avec des intermédiaires dans chaque pays, soit en contractant avec une société servant d'intermédiaire dans les différents pays.
- Modularité du prix limité: cela convient bien pour des produits d'un montant unitaire fixe (tel que le téléchargement d'extraits musicaux ou d'articles journalistiques), mais pas comme moyen de paiement sur un site électronique proposant un catalogue de produits très variés;
- Non adapté dans les cas où la réglementation sur le non débit avant le terme du délai de renonciation s'applique;
- Le comportement incorrect de certains commerçants, n'avertissant pas précisément le consommateur du coût de ces communications ou abusant de l'envoi de SMS surtaxés aux frais du client engendre actuellement un nombre important de plaintes, créant de la sorte une méfiance du consommateur.
Ce système se prête particulièrement pour la fourniture de services ou de produits dématérialisés délivrés en ligne, surtout si les transactions sont d'un faible montant (inférieur à 10 euros).
Paiement par transfert financier via GSM
Des solutions nouvelles que le consommateur doit encore s'approprier au quotidien. Deux solutions existent actuellement sur le marché belge.
m-Banxafe
"m-Banxafe" permet à toute personne de faire associer la carte SIM de son téléphone mobile à son compte bancaire. De la sorte, elle peut effectuer un paiement en validant, avec un mot de passe, un SMS qu'elle reçoit sur son téléphone de la part du commerçant. Celui-ci reçoit en retour de la plate-forme un SMS de confirmation. Parallèlement, un virement sera automatiquement établi entre le compte bancaire du client et celui du vendeur.
Pour bénéficier de ce système, le cybercommerçant doit s'inscrire auprès de BANKSYS et ajouter dans son site Internet l'application permettant de générer un SMS de demande de virement, et intégrer dans sa plate de forme de traitement des commande les messages de confirmation afin de pouvoir délivrer directement le produit / service après validation par le client. Le consommateur doit de son côté une fois pour toute demander à sa banque de lier un numéro de compte à une carte SIM (l'opération peut aussi se faire dans certains automates avec sa carte de débit), ce qui implique, pour les cartes les plus anciennes non compatibles, un échange auprès de son revendeur GSM. Le coût est fixe par transaction et réparti entre vendeur (0.49 euros HTVA) et acheteur (0.25 euros TVAC), facturé directement par l'opérateur GSM.
Cette solution présente l'avantage de permettre de s'adresser à une clientèle très large étant donné le taux très important d'équipement en GSM, d'être moins coûteuse que le paiement par communications surtaxées, et de présenter un niveau de risque faible. Par contre, l'anonymat n'est pas garanti, la solution est nationale, les transactions doivent s'élever au minimum à 6 euros, et l'intégration technique n'est pour l'instant pas prévue pour assurer une simultanéité du processus commande et le paiement dans un site d'e-commerce.
Tunz
Le système "Tunz" associe à tout numéro de GSM un portefeuille électronique et permet, via un échange de SMS avec la plate-forme centrale, de transférer virtuellement de l'argent d'un portefeuille à un autre.
Cette solution présente les mêmes avantages que la précédente, étant légèrement moins coûteuse par transaction dans les situations les plus courantes (surtout pour les opérations de faibles montants), plus facilement disponible (pas d'activation préalable nécessaire) et permet un certain anonymat entre les 2 parties en raison de l'absence de lien avec un compte bancaire. Par contre, elle est moins sure, sauf si l'utilisateur veille bien à effacer systématiquement de la mémoire de l'appareil les SMS sortants où le mot de passe est repris en clair, le risque étant que toute personne s'étant approprié le GMS vide le portefeuille (le montant de celui-ci étant toutefois plafonné à 150 euros).
Elle se distingue aussi, par rapport à m-Banxafe, par la possibilité aisée d'intégrer techniquement ce mode de paiement sur son site Internet, qui peut être assurée par un PSP. Ainsi, il est aisé d'ajouter ce mode de paiement parmi ceux proposés sur son site Internet. Par contre, il faut tenir compte de l'inconvénient pour le consommateur de devoir approvisionner préalablement son portefeuille électronique (via un virement, une carte de crédit, etc.). Le coût, facturé directement par l'opérateur GSM, est aussi réparti entre vendeur (entre 0.2 et 0.4 euros HTVA) et l'acheteur (0.15 euros TVAC).
Systèmes de paiements en différé
A côté des "véritables" moyens de paiement électronique en ligne, il est recommandé, et parfois obligatoire, de proposer sur un site d'e-commerce au moins une formule de paiement "off-line"
Paiement contre livraison
Solution coûteuse, mais rassurante, tant pour le client que pour le vendeur. Cette formule très classique permet au client de régler le montant de l'achat lors de la livraison ou lors du retrait dans un point de livraison (exemple: les points de vente affiliés au réseau KIALA).
Avantages:
- Rassurant pour les 2 parties: le vendeur ne prend pas le risque de livrer de la marchandise sans être sûr d'être payé. L'acheteur ne prend pas le risque de payer de la marchandise qu'il n'est pas certain de recevoir;
- Pas de contestation possible concernant la livraison;
- Simplicité technique: Pas d'installation technique particulière à prévoir sur son site Internet;
- Service pouvant être international (en fonction de la société de livraison sélectionnée)
Inconvénients:
- Nécessité que l'acheteur d'être présent lors de la livraison. L'acheteur doit disposer à ce moment de liquidités pour régler le livreur. Certaines sociétés permettent toutefois le paiement par carte de crédit et offrent la possibilité de retirer l'article auprès de points d'enlèvement (station essence, librairies, supermarché, etc.) où le paiement s'effectuera classiquement à la caisse;
- Commission importante perçue par la société de livraison pour ce service, surtout au niveau international;
- Risque d'une plus grande proportion de commandes bidons ou refusées lors de la livraison, ce qui peut entraîner pour le cybercommerçant des frais de livraison et de retour de marchandises non couverts;
- Ne convient en principe pas dans les cas où la réglementation sur le non débit avant le terme du délai de renonciation s'applique. Il faut au minimum qu'il soit prévu dans les conditions générales que le client sera immédiatement remboursé par le livreur en cas de retour de la marchandise avant l'expiration du délai;
- Ne convient absolument pas pour la fourniture de produits dématérialisés (fichiers musicaux, etc.)
Ce mode de paiement est particulièrement adapté pour la vente de produits, d'une certaine valeur (entre 20 et 1 000 euros), qui doivent être livrés aux clients. Aussi, dans ce cas, il est recommandé de le proposer, en plus des modes de paiement en ligne.
Paiement par virement bancaire
Cette solution est la moins chère, mais elle est évidemment risquée pour le vendeur. Le client effectue un virement bancaire ordinaire sur le compte bancaire du vendeur. Il existe deux possibilités.
Soit le vendeur exige que le montant lui parvienne pour que la livraison soit effectuée.
Avantages:
- Gratuité du transfert (ou très faible coût au niveau européen) tant pour l'acheteur que pour le vendeur;
- Fiabilité par rapport à d'autres moyens de paiemenst traditionnels, tels que le chèque.
nconvénients:
- Non immédiateté. Plusieurs jours peuvent s'écouler, voire des semaines lors de virements internationaux, avant que l'argent ne parvienne sur le compte du vendeur;
- L'acheteur doit faire confiance au vendeur quant à la livraison. De plus, celle-ci sera retardée, le vendeur attendant d'être payé avant de fournir le produit ou service demandé;
- Coût important pour les transactions de/vers des pays hors Union Européenne.
Soit le vendeur demande au client de payer après réception, au terme du délai de réflexion (voir ci-dessous "factures").
Factures
La facture est la solution incontournable en Business to Business. Celle-ci est traditionnellement établie sous format papier, mais peut maintenant légalement se présenter sous format électronique, évolution qui facilite le traitement administratif tant pour le commerçant que pour l'acheteur. Certes, ce mode de paiement n'est pas le plus recommandé pour un site orienté vers une clientèle nouvelle, compte tenu du risque par le cybercommerçant de non paiement.
Il faut toutefois relever que des grands noms de la vente classique par correspondance proposent depuis des années à leur clientèle de payer par virement après réception du colis, et maintiennent cette option sur leur site Internet. En tout cas, lorsqu'une entreprise lance un site d'e-commerce, elle doit inciter sa clientè fidèle qui reçoit pour l'instant des factures à ne plus envoyer leurs commandes par fax mais à les encoder en ligne. En effet, celle-ci migrera facilement vers l'e-commerce si elle est rassurée quant à la possibilité de continuer à payer de la même manière, c'est-à-dire après réception d'une facture.
Ce mode de paiement peut aussi être proposé lorsque la réglementation sur le délai de renonciation s'applique, avec bien entendu pour le vendeur, comme inconvénient majeur par rapport à la formule "livraison contre payement"), de ne pas être certain d'être payé pour la marchandise livrée.
Rédacteur : Damien JACOB (www.retis.be - Octobre 2007)
Page précédente: Alternatives à un site de vente en ligne
Page suivante: Le point sur la sécurité des paiements par carte de crédit