L’e-commerce n’est pas l’eldorado du 21e Siècle !

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Sur les 182 000 e-shops françaises en 2016, les 2/3 n’atteignent pas 30 000 euros de chiffres d’affaires. L’E-Commerce n’est pas l’eldorado. Explications…

Illusion d’eldorado autour de l’e-commerce

Certains perçoivent l’e-commerce comme l’eldorado : il n’y a pas besoin d’être derrière le comptoir. Les commandes tombent 24h sur 24 et les consommateurs sont de plus en plus nombreux en ligne.

Certes, le nombre d’acheteurs en ligne croît d’année en année, ceux-ci commandent de plus en plus fréquemment et globalement le secteur de l’e-commerce affiche une forte croissance, qui s’exprime même à 2 chiffres. Mais cela ne signifie pas que les bénéfices suivent le même rythme !

Bien sûr, des e-commerçants réussissent brillamment. Ainsi environ 6000 eshops en France dépassent le million d’euros de chiffres d’affaires.

Mais c’est presque l’arbre qui cache la forêt : Ces 6000 e-shops correspondent à moins de 5% du total des boutiques en ligne françaises. Beaucoup d’autres peinent à être rentables et parfois même à faire du chiffre. Ils n’enregistrent que très peu de transactions chaque mois.

Beaucoup d’e-shop ne réalisent pas assez de ventes

2/3 des sites d’e-commerce en France réalisent moins de 30000€ de chiffres d’affaire !

Comme pour le commerce traditionnel, il ne suffit pas d’ouvrir sa boutique en ligne pour que le succès soit systématiquement au rendez-vous.

Ainsi, relevons que moins de 5% des sites en France dépassent les 30 transactions par jour (chiffres 2016 de la FEVAD), ce qui constitue pourtant une activité encore très modeste par comparaison avec un commerce traditionnel. Par contre 44% des e-shops françaises n’atteignent même pas 100 transactions par an !

L’essentiel des e-shops (66%) n’atteignent pas 2500 € de recettes par mois.

Chiffres d'affaires des e-shops en France

Chiffres d’affaires des e-shops en France

Selon une étude réalisée par TMS-Sofres pour Webloyalty en 2016, sur l’échantillon de boutiques en ligne françaises interrogées, 70 % des e-shops sont rentables. Ce pourcentage descend à 45% pour les « petits sites » d’e-commerce.

Une e-commerçant sur 8 abandonne chaque année en Belgique

En Belgique également, le taux d’abandon de projets d’e-commerce est élevé: sur base de l’analyse du secteur e-commerce belge réalisée par RETIS, chaque année 1 e-commerçant sur 8 arrête ses activités, probablement essentiellement pour des raisons économiques. Ce taux de 13% est nettement plus élevé que pour la moyenne des entreprises belges (1 abandon sur 13 chaque année).

Difficile de vivre de l’e-commerce uniquement

Ainsi en France, plus de 80 000 sites de commerce électronique encaissent moins de 3 transactions par jour ! Certes, l’essentiel de ces sites ne sont pas gérés comme une activité à temps plein. Ils représentent une activité commerciale accessoire, parfois même saisonnière, voire non professionnelle. De plus, dans certains créneaux, quelques transactions peuvent suffire pour rentabiliser une activité « solo », compte tenu de la faiblesse des investissements et des coûts de fonctionnement.

Mais il ne faut pas passer sous silence qu’une proportion non négligeable d’e-commerçants « professionnels » ne vit pas (encore) correctement de la vente en ligne.

Cela s’explique en partie pour des raisons conjoncturelles : un très grand nombre de boutiques en ligne ont été ouvertes ces dernières années.

En France, début 2016, le nombre de boutiques est estimé à plus de 180 000 (60 nouvelles apparaitraient chaque jour ouvrable), contre 120 000 en 2012 et 35 000 en 2007.

De plus en plus facile d’être e-commerçant pure-player

Cette forte croissance de l’ouverture de boutiques en ligne s’explique par un « ticket d’entrée » de plus en plus bas : les investissements sont faibles notamment grâce à la généralisation de solutions de boutiques en ligne disponibles à distance (modèle « software as a service ») et commercialisées sous la forme de location et/ou commissionnement sur le chiffre d’affaires.

Mais une autre explication est liée au succès de statuts d’activité favorisant le développement d’activités professionnelles accessoires. C’est la cas en Belgique avec le statut d’indépendant à titre complémentaire, qui octroie la possibilité de verser des cotisations de sécurité sociale réduites en cas de faible activité, mais surtout en France, avec le « régime d’auto-entrepreneurs ».

La concurrence est dès lors très vive. Elle peut même parfois être perçue comme « déloyale » sur le plan commercial dans certains créneaux. Mais il faut s’attendre à une situation plus claire dans les prochains mois et années.

Il ne faut pas pour autant croire qu’une fois passée cette difficulté (essentiellement conjoncturelle) la rentabilité d’une activité en ligne sera automatiquement au rendez-vous.

L’e-commerce présente donc de réelles opportunités de développement à saisir, mais n’est toujours pas l’eldorado et ne le sera vraisemblablement jamais. Comme le commerce traditionnel, il ne suffit pas d’ouvrir sa boutique en ligne pour que le succès soit systématiquement au rendez-vous.

Etude sur les factures de réussite et d’échec en e-commerce

Au terme d’une large consultation d’e-commerçants et de consultants accompagnant des projets d’e-commerce, une liste a été établie des principaux facteurs de réussite et d’échec d’un tel type de projet.

  1. Les facteurs de réussite
  2. Les facteurs d’échec