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Cette analyse est extraite du dossier RETIS « Analyse statistique du secteur de l’e-commerce belge« 

Mesure du dynamisme du secteur belge de l’e-commerce

Le cabinet-conseil « RETIS » a analysé l’état de l’offre, en examinant le secteur de l’e-commerce BtoC en Belgique, sur base des statistiques de la Banque Carrefour des Entreprises et des déclarations faites auprès de celle-ci.

Croissance de 23 % du nombre d’e-commerçants belges en 2021.

Le nombre d’e-commerçants belges en BtoC a été presque multiplié par 10 entre 2010 et 2021, pour atteindre précisément 9629 fin 2021 (contre 7831 fin 2020, 5407 fin 2019, 4205 fin 2018).

Compte tenu de la crise COVID, 2020 et 2021 ont été deux années exceptionnelles d’entrepreneuriat dans ce secteur, avec une croissance respectivement de 45% et de 23%.

en 2008, la proportion d’e-commerçants dans chaque région était proche de celle de la population.

Entre 2008 et 2016, la croissance du nombre d’e-commerçants a été plus forte en Flandre qu’à Bruxelles et en Wallonie. Ainsi à Bruxelles, le nombre d’e-commerçants est passé de 90 à 312, contre 426 à 1904 en Flandre.

Entre 2016 et 2019, s’il n’y a pas eu de rattrapage de Bruxelles et de la Wallonie, l’écart ne s’est pas accentué pendant cette période.

Par contre en 2020, l’écart s’est de nouveau creusé: la croissance n’a été que de 30% en Wallonie, au lieu de 52% en Flandre.

Evolution du nombre d'e-commerçants belges en 10 ans

Part du chiffre d’affaires réalisé par les vendeurs principalement à distance par rapport à l’ensemble du commerce de détail en Belgique

evolution du CA en 10 ans

Fin du 2e trimestre 2022, cette proportion par rapport au chiffre d’affaires de l’ensemble du commerce de détail en Belgique (hors véhicules automobiles) est de 6,3 %, revenant à une proportion semblable à celle avant la crise COVID-19.

Le pic le plus haut (8 %) a été atteint au 4e trimestre 2020, pendant la 2e vague de contamination au COVID-19 et lors de la période des fêtes de fin d’année. Cette proportion est toutefois relativement faible par rapport à celle obtenue par exemple au Royaume Uni, qui dépasse largement les 20 %.

La vente en ligne, un secteur dynamique mais plus volatile que la moyenne

Le dynamisme des entités belges essentiellement tournées vers l’e-commerce avait été mesuré lors de la 1e édition de l’étude en dénombrant les créations et radiations entre 2013 et 2014. Durant ces 12 mois, le nombre d’e-commerçants belges avait augmenté de 279, ce qui correspondait à 555 créations d’entreprises et 276 arrêts d’activité.

En 2020 et 2021, années exceptionnelles compte tenu de la crise sanitaire, le nombre de nouveaux assujettis TVA pour une activité « pure player e-commerce » a été très élevé : 3264 entités créées en 2020 et 3197 créations en 2021.

Néanmoins plus d’un e-commerçant sur 5 a arrêté son activité en 2021, dans un contexte qui aurait dû être au contraire plutôt prospère.

Ce taux de 20% d’abandon par an (au lieu d’une entreprise sur 11 pour l’ensemble de l’économie belge) rappelle que le secteur du commerce électronique n’est néanmoins pas un eldorado.

Les 887 arrêts d’activité d’e-commerce en 2020 s’observent proportionnellement surtout en Wallonie : la proportion création/radiation atteint 2,84 en Wallonie (644 créations pour 226 radiations), 3,67 à Bruxelles (246 créations pour 67 radiations) et 2,97 en Flandre (2374 créations pour 594 radiations).

 

Ces radiations s’observent quasiment uniquement au niveau des auto-entrepreneurs / structures uni-personnelles: 1333 en 2020, puis 1444 en 2021  (contre seulement respectivement 4 et 6 radiations parmi les entreprises qui avaient engagé du personnel).

Clé de réussite

Une étude réalisée précédemment par RETIS a identifié les principaux facteurs d’échec en e-commerce, ainsi que les clés de réussite pour développer une e-shop.
A noter également que des formations pour bien lancer son e-commerce sont également régulièrement organisées.

Il apparaît ainsi que la croissance plus marquée en Flandre du nombre d’e-commerçants s’explique par un plus grand nombre de créations d’entreprises, mais aussi par une plus grande longévité de celles-ci.

Il semblerait dès lors judicieux que des actions publiques soient entreprises en Wallonie en particulier, d’une part pour augmenter le nombre de projets et d’autre part pour aider les entrepreneurs en e-commerce existants à renforcer leurs activités et à s’étendre, compte tenu de la moyenne de longévité trop basse actuellement des entreprises wallonnes en e-commerce.

Une action particulière devrait être prise en matière de formation des responsables d’entreprises. Il existe bien des webinaires de 2h de découverte de l’e-commerce et d’information de base, organisés par le SNI et par l’UCM avec le soutien de la RW. Le nombre de passage à l’acte reste néanmoins faible.

Il serait nécessaire d’approfondir par des cycles de formation abordant l’ensemble des points d’attention lors du lancement d’un e-shop (le front-office, le marketing digital, mais aussi le back-office: encaissement en ligne, livraison, SAV, respect de la réglementation, application correcte de la TVA,…), et par une formation « après lancement » pour notamment être en mesure d’établir régulièrement ses propres audits d’activité afin d’optimiser la performance de l’e-shop.

 

Autres données sur le secteur de l’e-commerce B2C belge analysées par RETIS

Autres statistiques sur l’e-commerce en Belgique

Une compilation des statistiques disponibles sur l’e-commerce en Belgique est rassemblée par RETIS.

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